Sous la voûte céleste. Poésie

Abritée sous la voûte céleste
Poussières blanches et vide abyssal
Les planètes tournent et ne se rencontrent jamais
Petit pas d’ange et larmes de fées
L’immensité rapetisse les rêves
Alors s’imaginer sauter à pieds joints
Lever les bras et caresser les filantes
Cette nuit, tout a changé
Prières lancées à l’Univers-mère
Laisser à jamais les faux et pacotilles
Embrasser le présent, enserrer les comètes
Rêver d’amour fou, d’éclats de vie
Et de solitudes honorées

Allongée sous ce ciel noir d’espoirs
Balayer les gouttes amères
Le silence adore le cliquetis des vagues
Un marchand d’illusions joue à cache-cache
Ephémères secondes volées aux coups
Alors se prendre pour une géante
Jouer à la marelle entre les étoiles
Cette nuit, les choses ont disparu
Nouvel apparat de lumière
Se vêtir d’audace et d’exploration
Les mots n’ont plus aucun sens
Tête à l’envers, pieds apesanteur
Arracher les croutes des faux-semblants

@LaurenceMarino2019



Publicités

Et si l’océan. Poème

Et si l’océan avait un double caché dans les profondeurs ?

Miroir libre d’un cœur siamois

Un monde identique qui attend sa moitié, reflet et amant

Tu me manques, es-tu caché dans les limbes des coraux ?

Des ilots surgissent là-bas, tu n’y es pas

S’approcher du littoral, espérer, renoncer

Je jette une caresse sur les roches ocre, perdue

Personne pour partir chasser les larmes et les dragons

L’abime fragile en ligne de flottaison

J’accroche quelques colliers de coquillages blancs

Pensées perles nacrées, baume sur les yeux

La lune susurre des mélodies profondes

Au loin des rivages de poussières de sable, dangereux

Se méfier des mirages, ce n’est pas toi, pas toi

L’épave de nos draps en boule, abandonnée, écartelée

J’ai perdu ma boussole

@laurencemarino

La fille de la brume. Poésie

La fille de la brume marche
Pas hésitants sur le sable mouillé
Ultimes traces du passage voilé
Avancer face au vacarme des vagues
Le vent pour seule amie silencieuse
Là-bas les oiseaux s’éloignent
Repli malin vers les bois de pin
Seuls figés les égarés, frissons sur les peaux
Les cailloux polis par les assauts successifs
Les vestiges d’algues lointaines
Et quelques morceaux de verre, billes multicolores

La déferlante brouillard monte sur la dune
La fille s’assoit sur le sable
Mains qui s’enfouissent, regard fier
Disparaît alors l’horizon dense
Se laisser peu à peu engloutir
Faire sienne l’écume blanchâtre
Les yeux tentent de percer l’épaisse ouate
Rien que le bruit bleu pour se souvenir
Dans quelle vapeur elle se trouve encore
La plage s’estompe, peinture fade
Encore quelques cris plus loin, sourds

Le vent blanc transporte toutes les âmes perdues
Précieux capitaine d’un territoire à présent hostile
Camouflés les rayons du soleil
Paysage lunaire, la fille de la brume est chez elle
Elle sourit
Perdre à présent les frontières des pleins jours
S’aventurer sur les failles des limites
Mélanger la terre et l’océan

La fille de la brume rit encore 
A la seconde, fantôme sans contours

Les embruns frappent
Entrevoir une vague, caresse
La laisser lécher, trembler
L’embrasser
S’évaporer 

@LaurenceMarino2019


Des questions idiotes. Poème

Tu voulais savoir quand est-ce qu’on est amoureux
Tu voulais saisir comment c’est et comment on sait
Et moi, pauvre pomme, devant toi, en silence, allongée
Apeurée, attristée, vidée, pétrifiée
Questions en ritournelle, mes pensées bloquées
Bouche close, je ne sais pas, on le l’est pas
Si on l’était, on le saurait tous les deux. Sans hésiter.
Nos cœurs diraient le même texte en stéréo
Je ne pleurerais pas le soir, tous les soirs
Ta main chercherait sans cesse la mienne
Nos bouches ne pourraient se repaitre l’une de l’autre, elles sauraient

Alors je ris à tes questions, je balaye mes larmes
Quand on l’est, on le sait. Assurément. 
Ton amoureuse, elle saura dire vos mots et battements de vie
T’inventer des mondes et merveilles, un univers de possibles
Te chanter les couleurs de l’amour, les saveurs de la passion
Elle rendra possible tous tes rêves et délirs et même plus
Elle peindra les paysages de vos deux corps
Et puis quand tu seras fatigué, juste te lire des pages blanches,
Te faire écouter des mélodies sourdes 
T’initier aux secrets des femmes, du vin, de la Terre
Ta bien-aimée, tu t’accrocheras et tu ne voleras plus
Tes bras autour de sa taille, de ses hanches, de son cœur
Amarré à cette femme unique, elle sera déesse
Et toi, dieu vivant, genoux à terre, âmes liées
Vos draps formeraient des fleuves tumultueux sans port
Les barrages deviendraient minuscules, vous seriez forts

Comment ? Tu n’as jamais connu ces vacarmes ?
Et les nuits blanches peuplées de mes absences ? Non plus
La bouche sèche, les yeux humides toujours quand on est séparé ?
Les souffles courts toujours et encore, encore, la haine ?
L’amour c’est tout cela à la fois avec les belles certitudes aussi
Alors l’amour, tu sais, moi je le sais, je le connais
Cynique ami que tu m’as présenté quand on s’est rencontré
Il passe rarement à nos portées et se fait fragile aux courants d’air
L’amour, c’est lorsque tu laisses la porte ouverte à la douleur
Quand tu sais que l’autre te fera souffrir
C’est la jalousie qui déchire tes tempes et détruit ta peau
C’est ce lit qui devient maudit quand il se vide
Ce même endroit chéri quand tu y glisses
C’est aussi les peurs qui t’empêchent de respirer, de penser
Ces journées bonheurs main dans la main, ivres
C’est la tour d’ivoire dans laquelle tu t’enfermes sans espoir
Les minutes qui nous séparent et que je déteste
C’est ton corps contre le mien, la folie dans les yeux
Ces heures volées, ces minutes fulgurantes
Ces nouvelles prières que je récite lorsque tu n’es pas là,
Celles que je lance quand tu t’approches comme un talisman
C’est tout cela l’amour, et je le sais
Ta main sur mon ventre, le désir qui revient, encore
Mais déjà tu hausses les épaules, c’est idiot les femmes, ça parle trop

@LaurenceMarino2019

Sigil. Poème

A la lueur des bougies, rêves brûlants, cuirasse ôtée
Poser les mots en phrase simple et limpide
Intention chantonnant, corps en balancier, santal tourbillon

Anges et démons malicieux convoqués à la fête
Les flammes léchant les paupières jusque-là mi-closes
C’est à présent le temps du langage secret

La main précise calligraphie, la phrase majestueuse danse
Et enfin respirer et expulser la vibration
Faire qu’elle atteigne les contrées les plus reculées

La belle magie du chaos, en parfaite reine s’impose
Invitation des totales emprises sur nos deux corps
Science illicite qui lie à jamais, lèvres cristales

Sans faillir encrer les traces sur un morceau fin
Et puis dans une transe, dessiner chaque intention
Les laisser se détacher, les expulser et toujours les oublier

Délires occultes nés d’un antique grimoire
Nouer nos âmes perdues à l’éternité
Voir s’accomplir mon violent et délicat sigil
Magique sceau de destins et de lettres mêlés 

sigil
Sigils : sceaux magiques utilisés dans la sorcellerie

@LaurenceMarino2019

Traces du passé. Poésie

Un seul regard a suffi pour découvrir ce nouveau monde
Peau fripée, marquée par les jours passés
Mes mains malhabiles dans la glaise, timides
Contours du visage, creux abyssaux
Bouche fermée, pincée, étonnée
Le masque à peine couvert, à la face du monde
Plus rien à cacher
Mes doigts souverains fouillant dans les fissures
Découvrir cette terre aride et désolée
Glisser sur les failles récentes, regrets

Un unique matin face au miroir cru
Lumière du jour ou complice pénombre du soir
Les cicatrices des heures font face, tortueuses
Sillons des malentendus, traces des peut-être
Les sourires se pressent au coin de la bouche
Lèvres rouges, vie toujours débordante
Plus rien ne se cache
Les plis de la peau, bijoux des vies passées
Dépasser la peine, caresser, s’incliner
Garder les secrets de ces rides

@LaurenceMarino2019


Tableau Ernst Ludwig Kirchner, Toilette

Valse noire. Poésie

Je me suis souvenue…Ma route a, un jour, croisé la sienne
D’aussi loin que ma mémoire battait des pulsations amères
Son contour et sa tenue étaient collés à ma rétine
Allure de chef, port de tête impérial, lèvres fermées, froid
J’ai tellement de regrets, paillettes fades sur les yeux
Mes nostalgies jetées au fond d’un puits
Chanson mélancolique battant le rythme des morts
Un, deux, trois, ses mains disparaissant dans les chemins de ma robe


Pas à pas, je suivais son ballet sans dire mot, sans crier bas
Mes erreurs en ribambelle, arrogantes mais stériles
Larmes sèches et sombres sans jupon de faiblesses
Nous ne danserons plus le calypso
L’heure des amnésies résonnait dans nos horloges
Disparues les absences et fugues
Les parfums du pardon enfouis sous les terres
Un, deux, trois, mélopée suintant de l’orchestre hilare

Sur la piste, troc et marchandages sans résultats
Alors j’ai envoyé valsé les lacunes à bout de souffle
La danse noire glissant sur le sol des pleurs
Sans effet aucun sur mon marchand des oublis

@LaurenceMarino2019

La valse Camille Claudel



 

Les chutes.Poésie

Pas s’approcher du bord, surtout ne pas regarder en bas
On m’avait dit de m’éloigner du fracas et des risques
Falaises tentatrices, sentiers à peine battus
Mes ombres m’ont précédée et j’ai volé

En premier frimas, un terrible vacillement
Une onde des chocs, combat de géants
Le regard perdu au delà des convenances
Largués mes forces et points d’appui

Tout au bout de la montagne, là
Attirance de pôles, bascules
S’élancer à bout de bras, embraser les roches
Tout cacher, enfouir les avalanches

L’équilibre était à présent rompu
Quitter les terres du juste milieu
S’enflammer, consumer, choir
A mes deux genoux, pleurer les agitations

Mon corps ondoyait, loin de tout
Sans apesanteur, se saisir de l’avalanche
Mordre les vibrations en riant
Sans fin, lécher les vertiges

Ames oscillantes, fausses amies
Croyances en file indienne, échouées
Tanguer entre les morts
Soi trébuchant, toi complice

@LaurenceMarino2019

Peinture Van Gogh

Van Gogh

Trop. Poème

Ils m’ont dit que j’étais trop
Trop de tout, trop de brins
Eclats de mots, gestes haut en couleur
Mes pieds attachés au sol, tête dans l’univers, loin

Insultes claquées, trop de riens
Trop vite, trop bien
Ce devait être bâclé, menteuse
Mes yeux pleurent, mes mains saignent

Tu es trop, tu me tues
Trop froide, trop rêveuse
Collée aux murs de crépi, assommée
Terrassée par les injures,  lâche injustice

Tout est faux, pacotilles, tu exagères
Tu délires, tu racontes, t’écris
Trop artiste, trop triste, trop en dehors
Tout en couleurs, trop secrète, trop de pression

Paquet de kilos de trop sous le sapin
Que faire de ces épines, de ces ballots
Trop d’énergies, trop de passions
Regards de peurs et de mépris

Ils me crient des litres lestés de trop
Déversent des aiguilles de crainte
Futiles étincelles sur l’asphalte
Je suis seulement mon unique magicienne

Dans mon monde, les yeux transpercent les écorces
Les tableaux caressent les âmes
Chaque musique emporte les corps dans une nuée d’étoiles
Les anges se tiennent derrière moi en riant
Dans ma planète, les ciels sont couleurs mélangées
Pôles inversés, échelles, tête à l’envers
A même les pentes, les châteaux s’édifient
Dans mon monde, les peaux se marquent
Les fables coulent des bouches en cascade
Les fleurs jaillissent de bétons noirs d’espoirs perdus
Les injonctions meurent dans un râle malade
Des voleurs de vérité sont étranglés

Dans mon monde, mes trop se tissent en gratitude
Tout résonne sans raison 

@LaurenceMarino2018

Ce site vous est proposé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :