Mon ange de lumière. Poème

Tout près de moi, souffle profond

Vêtue d’ailes de dentelles

Mon ange de lumière veille

 

Il m’aura fallu mille détours

Pour sentir ta présence et ton regard

Particules essentielles

 

Des ténèbres à remplir, chemins tortueux

Entre deux terrifiant

Et une lente respiration pour s’en extraire

 

Mes aveugles guidaient les pas

Ta main posée sur ma tête

Empreintes attirées par une respiration légère

 

Tout près de moi, présence chaude

Parée de son aura de déesse

Mon ange de lumière caresse

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Blessures de l’âme

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Les blessures de l’âme sont sorties du tiroir

Véritable polichinelle aux yeux noirs

Barrières à franchir avec un goût de déjà vu

Les émotions reviennent des siècles passés

On m’avait dit que je revivrais tout

 

Debout devant la grande porte

J’ai mis au coup de pied et me suis mouchée

Prise en flagrant délit de bis repetita

Les blessures de l’âme ont comploté

Terribles amies étranglées

 

Cinq cicatrices béantes

Venues des autres mondes

Energies tourbillonnantes

Pauvres vagabondes

 

J’ai enjambé les unes et les autres

Ecrasant les miettes et les pierres

Fais fi des prédictions et sortilèges dévorants

Les blessures de l’âme se sont moquées

Meilleures ennemies de mes cauchemars

 

Cinq plaies ouvertes

Accrochées à mes mains

Tornades expertes

Promises au lendemain

 

 

Devant la grande porte, j’ai rampé

Traversé de l’autre coté du miroir

Une douce voix a chuchoté

« Les blessures de l’âme se balayent à coup de larmes »

Alors face à moi même, j’ai pleuré.

 

FIN

Petite funambule. Poème

Petite funambule maladroite

Pieds à plat, bras en balancelle

La musique s’est tue

Regards braqués pour faire tomber

Trouver l’équilibre, force fragile

Mais dans ta tête, feux d’artifice

 

Le juste milieu pays des eaux tièdes

Tu passes ton pied de l’autre côté

Arrachant des cris circonspects

Tes chaussons glissent sur le maigre fil

En bas, ils voudraient de voir tomber

Mais dans ta tête, jour de carnaval

 

Tout là haut tu sais, c’est torrent d’eaux vives

Lève les yeux et savoure

Vie qui ne tient qu’à quelques millimètres

Ta force est dans le rythme des respirations saccadées

Quelques brassées d’air et on t’oubliera

Mais ta tête, liberté

 

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La vallée des larmes

 

 

 

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Parfois une traversée aride est nécessaire

Parfois le chemin de pierres se fait en rampant

Laissez moi flotter dans la vallée des larmes

Donnez moi l’autorisation de noyer mes peines

 

Parfois les rebonds deviennent trop lents

Parfois les pieds trop lourds et le cœur s’assèche

Laissez moi déverser les vagues de tristesse

Donnez moi le droit de danser sur la corde

 

Parfois tout se vide et déborde

Parfois le funambule tombe

Laissez le respirer et vivre sa chute

Donnez lui juste le temps de recoudre les fils

Failles d’or. Poème

 

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Sous la lumière douce des bougies

Mon âme brisée offerte aux vents

Gestes lents et souffles courts

 

Pour les autres, dehors, mille morceaux

Et toi, Artiste, amoureux de mes brisures

Me voici trésor de multiples passés

 

Jamais assez lisse, jamais assez vierge

Mes abords rugueux magnifiés sous tes mains

Pierre brute, enrichie des aspérités

 

Dans le silence de notre rencontre

Mains ensorcelées de bijoutier

Tu as caressé mes cicatrices

 

Remplissant d’or les peines

Mélangeant les matières

Chérissant mon cœur d’argile

 

Temps de félicité

Tu as honoré mes failles

Et les as toutes sublimées

Eclats de perles. Poème

A trop déambuler sur les remparts du soir

Le bracelet s’est brisé

Fil coupé, perles éparses

J’ai regardé le désastre

Mes bouts de vie accrochés aux cristaux

Gouttelettes translucides amères

 

Mes pieds tout contre les murs jaunes

L’air devenu plus rare

J’ai pleuré les strass

Regretté les lumières

Mes paillettes de peaux au dessus du vide

Croûtes acides perdues

 

Remplir l’espace

A n’importe quel prix

A genoux

J’ai repris ma balade

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Le temps des poètes

On passe notre temps à se contrarier

S’éloigner des bords pour ne pas se noyer

Temps passé à s’éviter

Pour ne pas trop se rapprocher

Pas trop se brûler les doigts, juste se réchauffer

 

On passe notre temps à se contraindre

Plier les ronds, entrer de force dans des carrés

Temps perdu à se perdre

Pour ne pas trop s’effleurer

Pas trop jeter ses yeux, juste se dévorer

 

On passe notre temps à se fatiguer

Courir le long, monter les pentes

Temps passé à s’étourdir

Pour ne pas trop s’écouter

Pas sauter dans le vide, juste voler

 

Volées les minutes délicates, les consommer

Attrapées les secondes fines, les serrer

Le soleil se couche, l’herbe grasse parfume

Il est l’heure des poètes

Temps passé à rêver

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