Femme du dedans, femme du dehors. Poème

Femme du dedans, femme du dehors
Mélanger les deux en restant soi
Petit bout donné, morceau volé et fragment égaré
Tout rassembler
Terre bien ronde sans aspérité en dehors
Couloirs de magma serpentant dedans
Avalée par des monstres sans tête dans des nuits pleines et rocambolesques
Mots en pagaille, foule d’autres, multiple et secrète en bois d’ébène
Corridors de portraits sans voix et sépulture des miettes d’âmes
Impossible de mettre sous clé le dedans
Permettre au dehors de vivre en musique
Laisser place aux respirants sans trahir, sans mentir
Coller bout à bout les tissus chatoyants
Monter l’arc en ciel et glisser
Assise sur une balancelle de paille
En aller retour du noir au soleil

@LaurenceMarino th

 

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Phare du bout du monde. Poésie

Dans le fracas de deux vagues
Retentit la musique de nos chuchotements
La lumière y murmure une mélopée assourdissante
Les clapotis nous susurrent des mots abyssaux

Nos corps recouverts de draps d’écume
Plongés dans l’océan
Toi capitaine des eaux troubles
Moi femme lune

Il est des rencontres à la marge de la terre
Refugiés dans notre phare du bout du monde
Cabane branlante en bois, majestueuse
Cache de nos exaltations marines
Les sept lampes pour seul soleil
Cap gardé sur nos plaisirs

Dans le ressac noir, les pensées s’engouffrent
Tapent avec violence les certitudes
Noyées les pâles silhouettes sur la plage
Evincés les châteaux de sable

Nos seules peaux alanguies sur les crêtes
Tout à la surface, la mousse recouvre
A fleur d’eau, les anges de la mer
Gardiens de notre confluent

@LaurenceMarino 2018DSC00156

Marelle.Poème

Sauter à pieds joints dans le vortex
Combler les trous de verre par des éclats de rire
Un tourbillon d’imprévus a rempli l’espace
Une cascade de secrets doux et de sourires
Pont entre l’infini et le présent
Délicate maille de passés si proches
Un éléphant et un lapin
Quelques musiques et danses
Remonter à la surface
Rester tout au bord
Des bises en nuages, de spirales en rêves
Tout doucement quelques vœux
Comme à la marelle, lancer le caillou
Passer par toutes les cases
Partir de Terre
Cachés derrière nos doigts
Eventails de vie en double
Oser le terrible cloche-pied
Aller plus vite jusqu’au Paradis

@LaurenceMarino

 

 

Des mondes en attente. Poème

Des nouveaux mondes se pressent
Mes centimètres de peau blanche réclament leur encre
Jamais rassasiés, toujours en demande
Les bouts de chair pleurent d’être vierges
Et puis une main s’approche, amie
L’aiguille file, éclaboussures de sang, tâches colorées
Mon corps fébrile s’endort, encore
Les endorphines titillées, éveillées, excitées
La musique de la machine infernale berce
Sillons et abysses, creux et déferlantes
Va et vient langoureux, la main remplit
Quelques larmes pointent, le regard s’évade
Encore, encore, encore
La main caresse poursuit ses traces
Part à l’aventure dans chaque pli
L’aiguille s’enfonce, s’immisce, s’incruste
Elle touche à présent le plus loin du dedans
Réveille tous les fantômes collés à mon derme
Mes yeux s’ouvrent, admirent, enveloppent
L’encre est posée, le corps violemment coloré
La main forte a ouvert la porte de mes peaux blanches
Juste sur le seuil

@LaurenceMarino2018

Le corps tornade. Poésie

Et soudain le tonnerre a mis les pas dans mon âme
Fracas de mots, éclats de roches noires
Femme Fleur pleure
L’océan plat s’est alors déchainé
Emportant les souvenirs de plage et de grêle
Eclairs de rage, toute proche de la fin de mon monde
La terre s’est ouverte en mille fissures
Faille dans laquelle s’est noyée mon essence
Pieds dérobés et raison déchirée
Petite capricieuse, femme gémit
Repos et quiétude disparus dans les nymphes
Les heures troubles ont pris place et royaume
Flânant dans les courants ascendants
Mes rêves se sont engorgés d’eau et de sang
Le ventre creux, violemment abandonné
Les lèvres sèches de ta salive
Incroyable instabilité de nos cartes
Perdu à jamais mon corps tornade

@laurencemarino

 

Collection de larmes. Poésie

Goutte à goutte amère
Larme qui dégouline
S’y noyer sans bouger

Petite miette d’eau
Tombée d’un coeur en plaisir
La sentir, la laisser filer

Délicieuse Scarlett dans l’air
Tempête et trépigne
Fuite de cils énervée

Perles d’eau de peau
Rosée fragile de désir
La lécher et s’enivrer

Billes rondes à mères
Coulée capricieuse enfantine
Les sécher d’un baiser

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@LaurenceMarino

Collection publiée dans mon recueil « Les caravanes du Diable »

Collection de souffles. Poèmes courts.

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Enivrante brise chaude
Tourne, frôle et frissonne
Malicieuse de la bouche

Tourbillon blanc aveugle
Saisit, attrape et enlise
Roi de Tramontane et de Bora

Râle vital vers le haut
Abandonne et s’élève
Ultime grand voyage

Front en ébullition
Divague et se perd
Respiration acétone

 

Collection publiée dans mon recueil de poésies « Les caravanes du Diable »