Des mondes en attente. Poème

Des nouveaux mondes se pressent
Mes centimètres de peau blanche réclament leur encre
Jamais rassasiés, toujours en demande
Les bouts de chair pleurent d’être vierges
Et puis une main s’approche, amie
L’aiguille file, éclaboussures de sang, tâches colorées
Mon corps fébrile s’endort, encore
Les endorphines titillées, éveillées, excitées
La musique de la machine infernale berce
Sillons et abysses, creux et déferlantes
Va et vient langoureux, la main remplit
Quelques larmes pointent, le regard s’évade
Encore, encore, encore
La main caresse poursuit ses traces
Part à l’aventure dans chaque pli
L’aiguille s’enfonce, s’immisce, s’incruste
Elle touche à présent le plus loin du dedans
Réveille tous les fantômes collés à mon derme
Mes yeux s’ouvrent, admirent, enveloppent
L’encre est posée, le corps violemment coloré
La main forte a ouvert la porte de mes peaux blanches
Juste sur le seuil

@LaurenceMarino2018

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Le corps tornade. Poésie

Et soudain le tonnerre a mis les pas dans mon âme
Fracas de mots, éclats de roches noires
Femme Fleur pleure
L’océan plat s’est alors déchainé
Emportant les souvenirs de plage et de grêle
Eclairs de rage, toute proche de la fin de mon monde
La terre s’est ouverte en mille fissures
Faille dans laquelle s’est noyée mon essence
Pieds dérobés et raison déchirée
Petite capricieuse, femme gémit
Repos et quiétude disparus dans les nymphes
Les heures troubles ont pris place et royaume
Flânant dans les courants ascendants
Mes rêves se sont engorgés d’eau et de sang
Le ventre creux, violemment abandonné
Les lèvres sèches de ta salive
Incroyable instabilité de nos cartes
Perdu à jamais mon corps tornade

@laurencemarino

 

Collection de larmes. Poésie

Goutte à goutte amère
Larme qui dégouline
S’y noyer sans bouger

Petite miette d’eau
Tombée d’un coeur en plaisir
La sentir, la laisser filer

Délicieuse Scarlett dans l’air
Tempête et trépigne
Fuite de cils énervée

Perles d’eau de peau
Rosée fragile de désir
La lécher et s’enivrer

Billes rondes à mères
Coulée capricieuse enfantine
Les sécher d’un baiser

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@LaurenceMarino

Collection publiée dans mon recueil « Les caravanes du Diable »

Collection de souffles. Poèmes courts.

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Enivrante brise chaude
Tourne, frôle et frissonne
Malicieuse de la bouche

Tourbillon blanc aveugle
Saisit, attrape et enlise
Roi de Tramontane et de Bora

Râle vital vers le haut
Abandonne et s’élève
Ultime grand voyage

Front en ébullition
Divague et se perd
Respiration acétone

 

Collection publiée dans mon recueil de poésies « Les caravanes du Diable »

 

Collection de baisers. Poèmes courts

Doux pétales de lèvres

Terrible caverne ouverte

Pluie ourlée de rosée

 

Piment secret du matin

Ecran de verre entredeux

Ravage des sens

 

Pieds visés terre à terre

Velours contre pêche

A même hauteur de têtes

 

Dents qui cognent

Méli mélo d’eau de bouche

Apnée d’amour

 

Pas de deux fébrile

Secondes en apesanteur

Vrilles de deux coeurs

 

Série éditée dans mon recueil « Les caravanes du Diable »

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La vague.Poème

Déferlante perlée, pas à pas
A chaque ressac, s’approche dangereusement
Les brises nocturnes ont embrasé les corps
Il fait nuit et je vois le néant
Ma main touche des plages interdites
Les mots s’entremêlent et s’entrechoquent
Le sable engloutit les âmes seules

La vague chantonne dans mon oreille
Nageons à contrecourant
Découvrir les autres berges
La vague est là, toujours
Délicieux va et vient

Debout face à l’océan, je rayonne
La lune se cache dans le cristal
Tangue, chaloupe, brin de danse, je plonge
Remonte en apnée à la surface
M’abriter des vents, chasser les embruns
A tout prix, à tout prix
Me laisser engloutir

Les monstres marins se terrent
Ils ont réveillé les morts et nos feux
Consignés dans le journal de bord
Ils caressent en violence les rêves
Une sirène a tatoué la rose des vents
Mes yeux remontent jusqu’à l’estuaire

J’attendrai la marée et ses fidèles
Blottie contre les rochers
Regard outremer profond
Me perdre, m’y noyer

@LaurenceMarino

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Des âmes égarées. Poésie

Issam est pieds nus
Il fait froid et il a faim
L’heure du repas est passée
Sa maman est loin, ses frères perdus
La télé ici crache son venin
Costumes gris contre âmes blanches
Moi j’en veux pas ! Ils sont en trop
Issam, lui est enfermé dans une tente, dans un camion
Gelures aux pieds qu’on n’ira pas sauvées
Il a faim et il fait toujours froid

REVEILLEZ-VOUS !

 

@LaurenceMarino
Ce texte a été écrit lors d’un atelier avec Patrice Luchet poète bordelais. Il est né d’un mélange d’indignation et de sidération. La même semaine, j’avais vu à la fois un reportage sur un sauvetage d’une alpiniste de renom et la débauche de moyens mis en oeuvre et un autre sur les enfants perdus lors des migrations.

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